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d'accueil du BCJ
Reportage réalisé par :
Fabiola Dasque
Lysbertte Cerné
Émilie Millette
Liens intéressants...
Rocajq
Rocajq
- Colloque
Commission
des droits de la personne et des droits de la jeunesse
Conseil
permanent de la jeunesse
Association
des Centres jeunesse du Québec
Service
Droit des Jeunes (Bruxelles)
Quelques
artistes en prestation

Daisy, Ève-Lyne et Émilie

Annie Fontaine,
animatrice du colloque

Mme Claudine Laurin,
présidente du Rocajq

Mme Margaret F. Delisle,
Ministre déléguée à la proctection de la jeunesse
et à la réadaptation, gouvernement du Québec
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Numéro
13 - Juillet
2005
Les 22 et 23 avril derniers,
a eu lieu un événement unique initié par le
comité Droits des jeunes du Rocajq
(Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du
Québec). Pour la première fois, jeunes et moins
jeunes étaient rassemblés lors d’un colloque
revendiquant les droits des jeunes en centres jeunesse.
Cette aventure à pris naissance lorsque certains jeunes impliqué-e-s
au Comité
droits des jeunes ont soulevé des questions concernant
l’encadrement et le respect des droits des jeunes qui fréquentent
les centres jeunesse. De plus, la recherche de Bernard Marier pour
le Conseil Permanent de la Jeunesse et la concertation avec les
groupes membres du Rocajq ont contribué à l'organisation
de ce colloque.
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Ouvrir une
brèche au difficile dialogue avec les services de la protection
de la jeunesse.
Comme le titre l’indique bien, le but était d’ouvrir
un dialogue entre les jeunes et les centres jeunesse. Le colloque
s’adressait tant aux jeunes ayant séjournés
en centres jeunesse, mais aussi aux parents et amis, aux groupes
communautaires jeunesse, aux familles d’accueuil, aux organismes
de justice alternative, aux maisons d’hébergement
jeunesse, au personnel des centres jeunesse, aux CLSC, au milieu
syndical et ministères concernés (Santé et
Services sociaux, Famille, Éducation, Sécurité
publique, Justice, Relations avec les citoyens et Immigration).
En 1988, le ROCJMM avec l'appui du Bureau de consultation jeunesse
et le Projet d’intervention auprès des mineurs prostitués
ont produit un dossier sur les droits des jeunes en centres d’accueil
intitulé :
Les droits des jeunes en
centres d'accueil
(Dossier
Noir)
Pour plus d’informations
sur le colloque : http://www.cam.org/~rocajq/colcom.html
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Bref
historique du Rocajq
Le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesses
du Québec est né en 1991. En réponse aux mesures
administratives découlant de la réforme des services
sociaux et de santé, les membres du Regroupement des organismes
communautaires jeunesse du Montréal métropolitain
(ROCJMM) décident alors d'élargir leur champ d'action
et de mettre sur pied une nouvelle structure de représentation
ayant une vocation provinciale. Ce nouveau regroupement, le ROCAJQ,
peut dès lors s'appuyer sur le travail accompli pendant 15
ans par le ROCJMM.
Les objectifs principaux du Rocajq sont de regrouper les organismes
communautaires autonomes jeunesse du Québec; de promouvoir
et développer l’intervention et l’action communautaire;
d’informer, de sensibiliser et d’éduquer la population
à la réalité jeunesse. |
Entrevue
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Une
des personnes invitées au colloque était Mme Céline
Mangin, responsable du secteur de l’aide aux jeunes et aux
familles du Service de droit des jeunes à Bruxelles. Nous
croyons intéressant de vous faire part de ces commentaires. |
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1_Quel est le nom exact de votre
organisation ? Et quel est son mandat ?
Il s'agit du " Service Droit des Jeunes " (" SDJ
" pour faire court !). Il y a un SDJ dans plusieurs villes
de Belgique : Bruxelles, Namur, Mons, Liège, Charleroi,
Arlon et Nivelles. Ces services sont subventionnés par
la Communauté Française (plus ou moins l'équivalent
des provinces au Québec) pour venir en aide aux jeunes
et aux familles qui le souhaitent. Notre mandat " institutionnel
" est donc d'apporter une aide aux jeunes de moins de 18
ans et aux familles dans leur milieu de vie (c'est le contraire
de l'aide apportée dans le cadre d'un placement). Dans
notre travail quotidien, la personne qui nous mandate, c'est le
jeune (ou ses parents s'il s'agit d'un jeune enfant pas exemple).
C'est donc a lui que nous rendons compte de notre travail.
2_ L'intéret que le Québec
avait de rencontrer votre organisation se situait au niveau de
la Loi de protection de la jeunesse qui vous interdit de placer
en milieu fermé centre d'accueil tout jeune en besoin de
protection, votre organisation avait-il un interet particulier
ou des attentes particulières en venant au Québec?
Il est toujours interessant de savoir comment les choses se passent
ailleurs, cela permet d'avoir un certain recul par rapport à
ce que l'on est habitué à voir ou àfaire.
Cela permet de se rendre compte des points forts et des points
faibles de notre système et de voir en quoi il est perfectible.
Cela permet aussi de prendre des contacts qui peuvent être
utiles par la suite : par exemple un des participants me disant
qu'il trouverait intéressant de faire l'expérience
inverse et de permettre à des personnes qui travaillent
dans ce secteur au Québec et aussi à des jeunes
de venir en Belgique afin de se faire une idée plus precise
de la façon dont les choses fonctionnent ici. Suite à
mon séjour au Quèbec, nous allons aussi certainement
publier un article dans notre revue, le " Journal du Droit
des Jeunes " afin de partager cette experience. Il est possible
de lire certains articles qui sont sur notre site : www.sdj.be
3_Quelles
sont selon vous les differences majeures entre les pratiques Belges
et Québecoises concernant les droits des jeunes ?
Il y en a plusieurs qui m'ont frappée (mais mon séjour
a été trop court pour que je puisse prétendre
connaître parfaitement votre système):
- la possibilité, comme tu le dis, de placer un mineur
en difficulté dans un centre fermé ;
- le choix laisse aux services sociaux du type de centre où
placer un jeune : centre fermé ou non (en Belgique c'est
le juge qui décide) ;
- le rôle de " géoliers " confie aux parents
de contrevenants en échange d'une libération (j'ai
assisté à des audiences lors desquelles le juge
de la jeunesse prenait cette décision);
- en Belgique, les personnes qui travaillent avec des jeunes dans
le cadre de la protection et de l'aide à la jeunesse sont
clairement soumises au secret professionnel. Ceci m'a paru moins
clair au Québec.
- Le procureur du Roi (ou de la Couronne au Québec) est
le seul à pouvoir décider qu'un mineur en danger
va être suivi par un juge de la jeunesse (si le travail
des services sociaux ne fonctionne pas). C'est donc au Procureur
de Roi de mener les investigations nécessaires et non aux
personnes qui travaillent avec les jeunes et les familles.
La liste n'est pas exhaustive...
J'ai profité aussi de mon séjour pour rencontrer
les avocats de la permanence jeunesse. Nos n'avons pas en Belgique
d'avocats rémunérés par les pouvoirs publics
avec un salaire et ce système nous semble intéressant
puisqu'il permet à des avocats de se spécialiser
dans les matières qui concernent les jeunes.
4_Quelles
sont vos impressions sur la tenue d'un colloque comme celui-ci
?
J'ai été impressionnée par la qualité
de ce colloque et particulièrement par le fait que les
jeunes et les travailleurs ont pu échanger sur des thèmes
importants et ce, sur un pied d'égalité.
5_Y
a-t-il déjà eu un événement du genre
chez vous ?
Nous organisons régulièrement des colloques mais,
à ma connaissance, aucun n'a donné autant d'espace
de parole aux jeunes. Les SDJ ont organisé récemment
un colloque concernant les mineures enceintes et certaines avaient
accepté de témoigner dans un petit film qui a été
projeté lors du colloque. Nous organisons maintenant 7
journées d'études sur des thèmes concernant
les jeunes et nous avions voulu les associer d'une manière
ou d'une autre mais, mais par manque de temps nous n'avons pas
su aller au bout de cette idée. Dommage ! " ATD quart
monde " (service qui aide et coordonne les personnes qui
vivent en grande pauvrété) a déjà
organisé des colloques avec et en présence de familles
en difficulté.
6_Lors
du colloque j'ai entendu Mme Sonia Gilbert (Directrice des centres
jeunesse de la Montérégie) dire que la Belgique
avait pris exemple sur le Québec en ce qui a trait aux
droits de la jeunesse. Pouvez-vous nous donner plus d'informations
à ce sujet ?
La Belgique a voulu " déjudiciariser " les situations
de mineurs en danger et confier ces situations aux services sociaux.
C'est de cette façon que le système québecois
nous a inspiré. Cela dit, certains auteurs ont déjà
analysé en quoi nos systèmes se sont inspirés
mutuellement au cours de l'histoire de la protection de la jeunesse.
7_Quel
est la place des jeunes au sein de votre organisation dans la
prise de décision concernant leurs dossiers et existe-t-il
des recours pour les jeunes lorsque ces derniers voient leurs
droits bafoués ?
Nous informons les jeunes de ce que dit la loi et ensuite ce sont
les jeunes qui prennent une décision. Nous sommes tenus
par cette decision. Ils peuvent alors nous demander de les aider
dans leurs démarches et dans ce cas, ils nous mandatent
pour faire telle ou telle démarche. Comme nous travaillons
avec le droit, nous sommes souvent amenés à écrire
(une lettre, un recours, etc.). Le jeune prend connaissance de
ce courrier avant qu'on ne l'envoie, il peut aussi nous demander
de le modifier. Nous intervenons dans divers domaines : le séjour
(pour les étrangers), l'école, l'aide sociale, la
filiation, le placement, etc. Il existe des recours face à
des situations problématiques et nous aidons les jeunes
à faire valoir leurs droits (en faisant un recours devant
un tribunal par exemple).
8_
Comment avez-vous apprécié votre court séjour
chez nous ?
C'était très agreable et j'ai trouvé les
québecois que j'ai rencontré accueillants et sympathiques
!
Un
gros merci à Mme Céline Mangin pour sa collaboration
!
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Ève-Lyne
Diotte-Godmer – portrait
Le colloque était un tremplin pour plusieurs jeunes, dont
Ève-Lyne, une jeune femme dans la vingtaine. Comme plusieurs,
elle a suivi un parcours difficile mais possède à
présent le recul nécessaire pour analyser objectivement
son expérience.
Ève-Lyne a passé près de 3 ans dans un centre
jeunesse. Elle est très peinée de constater que
dix ans se sont écoulées depuis son séjour
et que les choses sont du pareil au même.
Bien des jeunes ayant fait un séjour en centres jeunesse
comme Ève-Lyne, se sont donnés
le devoir de dénoncer les abus et les failles du système,
en souhaitant que leurs revendications se fassent entendre.
Ève-Lyne
et Fabiola 
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