L'EFFET
TÉLÉRÉALITÉ
Dans le monde, plusieurs pays affichent à leurs écrans
des émissions de téléréalité,
seulement aux États-Unis, plus de 300 y ont vu le jour.
Partout, ces émissions connaissent la popularité.
Mais pourquoi restons-nous accroché à ces émissions?
Qui sont les participants? Et surtout, est-ce vraiment de la réalité?
Pour tenter d’expliquer ce phénomène, nous
nous sommes arrêtés à une émission
particulière qui est devenue un rendez-vous quotidien pour
bien des téléspectateurs, Loft Story 2.
Pour commencer, posez-vous la question : mais qu’est-ce
que la réalité?
D’après
le dictionnaire « Le petit Larousse illustré, 1994
», la réalité est définit de la façon
suivante :
1. Caractère de ce qui est réel,
de ce qui existe effectivement. 2. Ce qui est réel, ce
qui existe en fait, par opposition à ce qui est imaginée,
rêvé, fictif. 3. Chose réelle, fait réel.
« Être confronté à de dures réalités.
»
En
d’autres termes, c’est le train-train quotidien et
les rapports entre les humains, c’est aussi ce que l’on
ne voit pas.
Malgré ce que certain peuvent penser, si nous tenons compte
de ces définitions, nous pouvons affirmer que la téléréalité
est effectivement de la réalité si on la compare
à la vie normale. Le monde extérieur est comme le
loft, on s’oblige a bien paraître devant les gens
de la société et il faut également le faire
devant les caméras. Nous pouvons examiner ce phénomène
sous toutes ses formes. Au premier regard, tout cela semble n’être
qu’un jeu motivé par l’argent et l’hypocrisie
ainsi qu’un moment pour passer du bon temps. Nous ne nous
le cacherons pas, c’est effectivement un jeu où le
but est de remporter des gros prix.
En continuant dans ce sens, nous pourrions même dire que
la séduction est maintenant un sport de compétition
où les sentiments ne viennent plus du cœur mais plutôt
de l’esprit compétitif. Mais étant donné
le nombre de personnes restreintes, les proportions de trouver
l’âme sœur sont très limitées.
En fait, c’est comme à l’extérieur puisque
les chances de trouver la personne correspondant à notre
liste de critères sont aussi limitées. De plus,
comme dans n’importe quel sport, les stratégies sont
essentielles pour remporter la partie. Il y a même un maître
du jeu que nous pourrions comparer à un arbitre. Celui-ci
contrôle la partie, il veille à ce que tout ce passe
dans l’ordre et les règles du jeu.
En fait, le loft véhicule une réalité propre
à elle-même avec quelques différences à
celle de l’extérieur tout en gardant plusieurs points
en commun. Nous pouvons comparer les caméras aux gens de
notre vie quotidienne qui nous observent dans le métro,
dans la rue, etc. Au début, plusieurs d’entre nous
pensions qu’il était impossible d’être
naturel dans le loft sous l’œil des caméras.
Cependant, chaque personne vit cette situation différemment
et fini par les oublier.
En fait, nous modifions tous notre manière d’être,
de penser, et d’agir lorsque nous sommes devant la pellicule.
Cette situation se compare à une entrevue pour un employeur.
Bien paraître devant celui-ci pour gagner l’emploi
et bien paraître dans le loft pour gagner la partie.
Pour qu’une téléréalité fonctionne,
il faut que les gens qui y participent aient des traits de personnalité
qui vont mettre de l’action dans le loft. Parfois ils sont
différents et se confrontent ou bien ils sont communs entre
eux et créer des alliances. En s’inscrivant, les
participants ont comme priorité de gagner un prix, de l’argent
ou d’être connu par le Québec. Cette expérience
de vie est plutôt originale en son genre mais elle comporte
quelques risques. Par exemple, au contraire de se faire aimer
des téléspectateurs, les participants peuvent se
faire humilier et haïr de tout le public québécois.
Dans ce cas-ci nous pouvons nommer l’exemple du lofteur
évincé, Alexandre, qui s’est fait tabassé
dans un bar ou de la réputation de «bitch»
qu’a eu Mélanie après sa sorti lors de la
première saison de Loft Story. Donc, cette expérience
peut aussi jouer en leur faveur ou être nuisible.
Tous les participants ont au moins un trait en commun, ils sont
tous exhibitionnistes. Ils acceptent de se montrer à la
télévision et d’être filmés et
analysés 24h/24h comme des rats de laboratoires. Kenza
Braiga, une ex-participante de Loft Story I en France, a dit :
« On était vraiment comme des rats de laboratoire
(…) on était observés, scrutés, les
moindres gestes, les moindres faits (…) C’était
une ambiance assez spéciale.» De plus, ils doivent
se plier aux exigences du maître du jeu. Mais on-t-ils réellement
besoin d’un maître du jeu pour qu’il y ait de
l’action dans le loft?
Au Québec 1,5 millions de personnes ont regardé
Loft Story 2. Cela démontre très bien le pouvoir
extraordinaire de ces émissions. Cela engendre un désintéressement
pour les autres émissions durant la diffusion des téléréalités.
Mais pourquoi ces programmes télévisés sont
si alléchants? Il est vrai que les gens veulent voir des
émotions fortes, mais pas n’importe quelles. Est-ce
que nous regarderions ce genre d’émissions si c’était
une personne quelconque dans un univers banal? En fait, la plupart
des gens préfèrent voir quelqu’un d’ordinaire
dans un contexte spécial plutôt qu’un riche
dans son château. Cela veut-il dire que nous voulons voir
des gens se faire humilier? Est-ce que nous voulons nous défouler
sur les participants puisque nous pouvons les éliminer?
Le fait de regarder ces émissions fait-il des téléspectateurs
des voyeurs? Non, les téléspectateurs ne le sont
pas tous. Les voyeurs vont sur les sites Internet reliés
à ces émissions pour voir des choses inédites.
Ils vont plus loin que ce que l’on montre à l’émission
quotidienne, ils veulent en voir plus. Le public trouve des intérêts
à regarder ces émissions parce qu’il y a des
surprises et que c’est imprévisible. Selon nous,
les gens du public désirent découvrir la nature
humaine, ils aiment voir les participants se «bitcher»,
ils veulent voir comment les personnes réagissent dans
une situation donnée et voir si elles vont réagir
comme on le pense. De plus, c’est comme une démocratie,
les gens peuvent voter à leur guise. Cela leur procure
un sentiment de pouvoir et de contrôle. Ils peuvent décider
du sort des participants. Mais est-ce vraiment du pouvoir?
Avec toutes les informations que nous avons recueillies sur la
réalité, sur les participants et sur les téléspectateurs,
nous avons réussi à démystifier un peu plus
ce qu’était la téléréalité.
Nous avons comparé deux environnements, le monde des téléréalités
et la réalité extérieure. En les analysants,
nous avons conclue que la réalité dans ces programmes
est sans cesse modifiée ou contrôlée. Mathias
Gurtler, journaliste français chez VSD a affirmé
que : « Les productions comme Endemol (…) embauchent
des story editor (scénaristes), dont le métier est
de fabriquer une histoire. Il y a donc une base, et avec des castings
(…) on fait du montage, on fait une petite histoire, qu’on
propose ensuite aux téléspectateurs pour les influencer
dans leur vote» tiré du site : http://radio-canada.ca/actualite/enjeux/reportages/2003/031014/tele-realite.shtml
.
C’est
pourquoi nous pensons que ces émissions devraient être
appelées : télé-réalité-artificielle.