L'abnégation, la solution a tous nos problèmes

par Olivier Massé



Les maisons rayonnaient au soleil, comme d'habitude,
par une telle journée d'été.
Le village respirait au rythme des jours et des saisons et pendant
chacun de ses battements de paupières, la vie semblait
plus paisible.

En de pareilles circonstances les rues auraient été coulantes
de monde, empreintes d'une parfaite frénésie, mais pas aujourd'hui, non.
Aujourd'hui, les choses ont changé. Rien
n'est plus comme il se doit.

La dernière fois que j'ai entendu parler de quelqu'un
qui avait osé sortir,
c'était la semaine dernière. La cause était mortelle,
tout comme sa conséquence, si on se comprend bien.

Mais comme je disais plus haut, maintenant, c'est bien différent depuis
que l'extérieur est devenu irrespirable.

D'après mon père (un sage homme mort hier dans son sommeil),
cela faisait plus de 40 ans que la terre entière savait que ça devait arriver,
mais personne n'a rien fait.

Oh oui, il y avait des études ou des projets pour améliorer la situation,
comme l'accord de Kyoto, mais personne n'a daigné les respecter.

Toutefois, ce n'est pas juste la faute des gens d'en haut.
Non, je ne suis pas de cet avis; le peuple, seul vrai propriétaire de sa destinée,
s'est laissé aveuglement diriger par quelques personnes dites capables
de bien servir les intérêts de tous.
Quelle innocence incroyable!
Comment, sachant sa propre faiblesse,
le peuple a-t-il pu croire que les personnes élues pouvaient véritablement,
avec tant de pouvoir, ne pas sombrer dans le vice?

Par quelle logique insensée peut-on croire qu'une poignée de gens
peut mieux connaître les intérêts de tous.

Si au moins, constatant l'urgence du moment,
ils avaient pris leur courage à deux mains et tenté de renverser la situation,
peu importe le dénouement, ils auraient eu un restant de dignité.
Nous nous sommes fermé les yeux sur tous les problèmes
que notre mode de vie avait engendrés pour ne pas devoir changer,
en espérant un miracle ou un sauveur.

Maintenant, il reste quoi de tout ce glorieux monde,
de tous les privilèges d'être doté d'une conscience?
Rien, plus rien.
Nous sommes réduits à vivre sous la terre,
à l'intérieur de cages de verre, comme des fourmis,
mais avec encore moins de liberté.
Sommes-nous si supérieur ou en réalité cette supériorité était à atteindre,
chose que nous n'avons jamais fait et que nous ne ferons jamais?

Moi, toute ma vie, j'ai essayé d'être un homme à travers des actes
tous plus barbares et inhumains les uns que les autres,
et j'en ai, moi aussi, perdu mon âme et ma dignité.

On dit souvent que la dignité n'a pas de prix.
Mais combien de fois dans votre vie l'avez-vous perdue,
si elle n'a pas de prix, c'est quelle ne vaut rien?

Sur cela, je vous quitte. Je vais faire ma première
et ma dernière promenade à l'extérieur, cet acquis inaccessible.

Si je n'avais qu'un souhait, ce serait de ne plus jamais être un humain.
C'est une trop grande tâche que très peu de gens peuvent accomplir.