| Entrevue avec un spécialiste |
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Dans le cadre du projet " Web-reportage " sur les troubles anxieux, nous avons fait appel à un spécialiste, Francisco Alvarado, psychoéducateur du Centre Ste-Croix. Ce dernier a accepté avec surprise mais également plaisir, notre entrevue. Le sujet abordé n'était pas sa spécialité mais il en savait assez pour répondre à nos questions. Voici ce qu'il avait d'intéressant à nous dire.
Francisco Alvarado : Les troubles anxieux peuvent être positifs ou négatifs. Tu peux être nerveux la première fois que tu as un copain ou une copine, puisque tu sais pas comment ça va aller et tu vas avoir des symptômes du genre physiques et psychologiques comme des maux de ventre ou sinon tu vas être plus tendu. Mais tu peux avoir à faire un exposé oral et tu vas avoir des symptômes de ce genre. J'ai déjà eu un cas de ce genre. GG : Avez-vous déjà eu affaire à des cas de troubles anxieux (en dehors du Centre Ste-Croix)? FA : J'ai déjà accompagné des gens atteints de ces troubles mais ce n'est pas ma spécialité. J'ai surtout des TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs). J'ai eu un cas ou c'était quelqu'un qui encerclait tous ses " i " quand il faisait des textes, de peur qu'on ne comprenne pas ce qu'il écrivait. On croyait que c'était quelqu'un d'original. Mais après les professeurs se sont beaucoup plus inquiétés. Mais il a fini par parler et on l'a aidé. GG : Cela est-il arrivé fréquemment d'avoir d'autre cas? FA : Pas beaucoup. Il faut savoir aussi que ce n'est pas tout le monde qui sont prêts à s'ouvrir et à dire qu'ils sont atteints de troubles anxieux. GG : Quel est, selon vous, le type de troubles anxieux le plus fréquent dans un centre d'éducation pour adultes? FA : Je suis arrivé en septembre ici. C'est donc la première fois que je suis dans un centre pour adultes. Ce que j'ai remarqué, c'est surtout des cas de panique et de phobie sociale. Dans mes anciens milieux c'était plus des TOC. Mais je crois que les gens atteints ont peur de parler en raison de possibles préjugés. GG : Selon vous, quelles sont les conséquences sur les professeurs, le personnel d'école et les autres élèves quand les élèves atteints de troubles anxieux sont en crise? FA : Je pense qu'ils se posent des questions. Parce que les professeurs vont avoir de mauvais jugements de ces élèves et vont finir par faire peur. Par contre au niveau social je crois qu'il y aurait moins d'effets négatifs puisque cela se remarque moins. Mais quand les autres gens se posent des questions je crois que cela peut dérailler énormément et cela atteindra son paroxysme si les bonnes réponses ne sont pas entendues. GG : Selon vous, le système d'éducation québécois répond-t-il adéquatement aux troubles anxieux ou est-ce qu'il les intensifie? FA : On ne peut généraliser mais
moi je crois qu'on demande aux étudiants vers où ils veulent
s'en aller et chez les jeunes qui arrivent à l'âge adulte
je crois que cela peut être un gros facteur de stress. Mais ça
peut varier, pour certaines personnes ça peut s'amplifier mais
d'autres non. Je crois quand même qu'on devrait peut-être
changer les calendriers. Par exemple en Australie il y a 2 semaines de
vacances entre les semestres. Il peut aussi y avoir des enseignants très
exigeants qui vont faire beaucoup de pression sur les élèves.
Les enseignants devraient prendre en compte que les élèves
sont aussi des êtres humains et qu'ils ont aussi des limites. FA : Il faudrait mettre plus d'ouverture pour ces cas. Les enseignants devraient être aussi mieux sensibilisés et formés pour répondre à ce genre de situation. Mettre l'accent sur le côté humain dans l'enseignement de la matière. Pratiquer l'écoute. L'exemple de l'Australie est bon puisqu'il faut aussi prendre le fait qu'il y a 3 étapes et non 4. GG : Comparé à d'autres systèmes d'éducation dans le monde, où le Québec se situe-t-il? FA : Il est tout de même bien placé. En prenant l'exemple sur " le coffre à outils ". Il y a certains pays où tu as le coffre à outils mais il est vide. Tu as juste des clous. Et tu ne peux pas planter des clous avec n'importe quoi. Le problème au Québec c'est qu'on ne gère pas la situation comme il le faut. GG : Y'a-t-il des cas où une personnes atteinte d'un trouble anxieux peut devenir dangereuse? FA : Je connais des gens qui sont devenus dangereux envers eux autres mêmes. Ce qui est triste car la personne n'a pas le contrôle sur elle-même. Je connais quelqu'un qui avait tellement peur des chiens qu'un jour cette personnes a traversé la rue Sherbrooke durant une heure chargée. C'est un miracle qu'elle n'ait rien eu. GG : Quel est la proportion des cas de troubles anxieux dans l'ensemble des problèmes rencontrés dans le milieu scolaire québécois (toxicomanie, délinquance, etc)? FA : C'est souvent relié ensemble. Souvent les délinquants peuvent être atteints de problèmes mentaux. Ou bien des toxicomanes qui sont atteints d'autres problèmes et prennent des psychotropes. Mais je crois qu'en ce moment on peut être plus en observation qu'en questionnement. Je n'ai pas de chiffres mais je sais que les abuseurs de drogues sont souvent atteints de problèmes mentaux. GG : Est-il fréquent que vous ayez à utiliser des méthodes béhaviorales-cognitives? (Méthode insistant sur la modification de la manière de penser pour permettre l'amélioration d'états affectifs comme la dépression, l'anxiété et la colère.) FA : Je crois en fait que tout le monde l'utilise.
C'est montrer aux gens le côté positif des choses et de faire
prouver que le verre est à moitié plein et non à
moitié vide. Par exemple un jeune qui apprend la bicyclette va
sûrement tomber et ses parents vont dire que s'il y arrive il pourrait
aller explorer d'autres endroits ou bien aller s'acheter de quoi. C'est
vraiment l'enfance de l'art. On l'utilise tous mais sans s'en rendre compte.
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