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La
condition humaine
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Le
mal de vivre est comme un nuage gris traversant les siècles et
nos émotions, Pour
mieux comprendre cette tare, nous avons demandé à Sylvie
Corbeille, Psychologue |
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Comment définissez-vous le mal de vivre? - Le mal de vivre aurait un lien avec le malaise d'être soi. Ce malaise d'être soi, d'être dans son corps, de pouvoir s'approprier qui on est, mais aussi de l'affirmer avec les autres. Quand il y a un malaise d'être soi, forcément il doit y avoir un malaise dans la possibilité de se relier à l'autre dans un rapport conscient. Et cela créer donc une crise au niveau de l'identité. |
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D'après vous, quelles sont les origines du mal de vivre? - L'on connaît cette crise humanitaire depuis l'existence humaine. Les philosophes l'appelaient la mélancolie, le désespoir cela à avoir avec la difficulté de devenir qui on est. |
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Est-ce que le phénomène est plus présent chez les jeunes adultes (18-30 ans) ? Nous
sommes passés d'une société répressive à
une société sans bornes. Ces balises n'ont pas été
remplacées.Le
repère le plus immédiat qui a affectés beaucoup
les jeunes, c'est la famille. Les 30-45 ans forme une cohorte d'âge
plus fragile, ce sont les enfants des babys boomers. |
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| Si
bien que dans une période d'échec, on continue d'avoir une
valeur par le regard de notre communauté. Dans les sociétés
africaines, tous les membres sont reliés très étroitement
au groupe depuis qu'ils sont tout petits. Est-il possible que le mal de vivre soit une manifestation d'un sentiment d'impuissance? On doit accepter de réaliser son propre potentiel plutôt que de toujours se référer au top model, comme il est impossible d'être TOUT à la fois. Accepter d'être qui on est devient une protection au sentiment d'impuissance dans une logique de tout ou rien. La mort peut être perçue comme un acte de triomphe et de contrôle sur sa vie, voire un acte de réparation de son identité. Le suicide des vedettes devient contagieux puisque on présente tous leurs bons côtés suite à leur suicide. Enfin on parlera d'eux et ils pourront exister aux yeux de tous. |
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| Comment
reconnaître quelqu'un ayant des envies suicidaires et quels sont
les moyens d'intervention à notre disposition? Les femmes vont être davantage déprimées. Les hommes expriment leur détresse par des conduites extériorisées tel que la violence envers les autres ou envers eux. Le suicide est peu souvent un agir impulsif. |
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| La personne se sent en perte de contrôle et commence à penser à la mort. Cette pensée peut lui faire peur et elle sera réticente à accepter l'aide que l'on veut lui apporter. Puis, lorsque la personne envisage des moyens de s'enlever la vie, elle peut donner des objets, faire des réunions pour régler des conflits ou se mettre soudainement à aller mieux pour aucune raison. À ce moment, il devient urgent d'agir puisque ce sont des signes qu'une tentative de suicide approche. Il faut faire connaître les services d'aide tel que SUICIDE ACTION MONTRÉAL (http://www.aqps.info/) pour contrer cet agir destructeur pour eux, mais aussi pour la société. | ||
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| Il faut donner la possibilité au jeune de découvrir d'autres moyens que de s'enlever la vie lorsqu'il sent l'angoisse monter en lui. Tout le monde doit se sentir concerné et tous doivent se mobiliser pour se sentir compétents et être en mesure de réagir adéquatement lorsqu'un individu reconnaît la détresse d'un proche. | ||