La cité fantôme du désespéré

par Olivier Massé

Je m'abrite tel l'ermite sous le gîte
De la médiocrité sûrement trop aveuglé
Par l'incohérence de ma déchéance
Et par l'exactitude de ma décrépitude
Comme le vent je tends vers l'avant
Et comme le temps dans mon élan
Je m'évapore à l'instar
D'une collectivité en pleine activité
Trop insouciante pour comprendre
Le chemin qui lui est dessiné
À son insu par l'ingénu

L'impétueuse lourdeur
De cette voluptueuse
Noirceur altère mes vers
Qui aveuglés, soudainement
Tentent de s'apposer à ce papier
Fragilisés par la violence
De mes romances oniriques
Qui brique après brique forment
La cité fantôme du désespéré

M'abreuvant à même mon sang
Je rentabilise mes crises
Car en ses temps si troublés
Je ne peux que m'efforcer considérant
Sans rancune mes lacunes
À changer l'imprégné
Figé depuis l'éternité comme
Le désespoir de l'humanité
Je m'accroche à ma réalité
Sans trop savoir ma destination
J'ai espoir car l'horizon
Si longtemps brumeux et sinueux
Depuis peu semble devenir mieux.


Montréal, 28 mai 2007